Investissements

REER VS CELI

La distinction entre les REER et CELI, qui sont deux régimes enregistrés d’épargne, est un sujet à la fois simple et complex. Beaucoup de facteurs entre en ligne de compte quand il est temps de choisir quel médium est préférable dans chaque situation.

De notre côté, nous en avons encore à apprendre concernant les stratégies favorables pour des personnes qui comptent sortir du marché du travail à un jeune âge. La construction de notre portfolio pour atteindre notre indépendance financière, aura un impact à long terme sur la stratégie que nous utiliserons pour le retrait de nos fonds afin de financer notre coût de vie pour le restant de nos jours.

C’est pourquoi cet article se veut être une introduction plutôt simple concernant ces deux types d’investissements. J’offrirai une comparaison de la fonctionnalité de chacun en identifiant quelques avantages et désavantages afin de guider le choix de priorisation d’un versus l’autre, puis je détaillerai notre approche.

REER Vs CELI

 

Comparaison REER et CELI

 REERCELI
Que sont-ils?Régimes enregistrés d’épargne-retraite (REÉR)

Créés en 1957 afin de permettre au individus de profiter des mêmes avantages fiscaux qu’avaient les membres des Régimes enregistrés de pension offert par l’employeur.
Compte d’épargne libre d’impôt (CELI)

Introduit en 2009 suite à la crise économique afin d’encourager les Canadiens à épargner.
Qu’est-ce qu’ils vous permettent de faire?Investir un montant de votre revenu avant que celui-ci soit imposé.

Le montant investi ainsi que tout intérêt, dividend et gain générés seront seulement imposés au moment où vous aller retirer des fonds de vos REER.
Gagner des revenus de placements qui sont à l’abris des impôts.

Tout intérêt, dividend et gain capitale générés par les fonds investis dans un CELI ne sont pas comptabilisés dans votre revenu imposable et ce, même lorsque ses fonds sont retirés du CELI.
Quels sont les avantages?Chaque contribution réduit votre revenu imposable. Plus votre revenu est élevé, plus les économies seront importantes puisque vous aurez la chance de réduire votre taux d’imposition.

La théorie est que vous serez à un taux d’imposition plus bas une fois que vous serez retraité soit au moment où vous aurez besoin de retirer des fonds de vos REER donc ceux-ci seront taxés à un taux d’imposition plus bas qu’ils l’auraient été lorsque vous avez initialement placé les montants dans vos REER.

Possibilité d’utiliser les fonds afin de procéder à l’achat de sa première habitation au travers du Régime d’accession à la propriété (RAP).
Une fois les fonds retirés, l’espace n’est pas perdu et le montant retiré sera additionné à la nouvelle limite de droits de cotisation pour l’année suivante.

Pour une personne qui compte prendre sa retraite à un jeune âge et qui choisit de vivre à partir des fonds générés par le CELI, il est possible d’avoir un revenu imposable très bas, voir même à 0$ tout dépendamment du montant investi dans le CELI et son rendement et du niveau de dépenses de la personne. Ceci peut faire en sorte que la personne obtient des bénéfices fiscaux pouvant permettre de financer son train de vie.
Quels sont les désavantages?Pour une retraite anticipé, l'hypothèse que vous serez à un taux d’imposition plus bas peut être fausse, surtout si vous comptez vivre sur de l’argent généré au travers de véhicules monétaires imposables comme par exemple de revenus générés par des immeubles locatifs.

Une fois que des fonds sont retirés, cet espace de contribution est perdu.

À 71 ans, tout REER doit être retiré ou converti en fonds enregistré de revenu de retraite (FERR) et un montant minimal doit être retiré à chaque année.
Ce montant retiré aura une incidence sur votre capacité à recevoir différents paiements et avantages fiscaux tel le Supplément de revenu garanti et la pension de la Sécurité de vieillesse.
Les fonds qui sont contribués au CELI ne réduisent pas votre salaire imposable et auront donc été assujettis aux impôts.

Si l’on retire des fonds du CELI pendant une année fiscale, bien qu’il sera possible de remettre ces fonds l’année suivante, il faut faire attention de ne pas les remettre dans la même année ce qui aurait comme effet d'engendrer une pénalité fiscale de 1% par mois pour toute cotisation excédentaire.
Comment connaître le montant auquel on a droit de contribuer?On peut se référer à son avis de cotisation de l’ARC pour pouvoir connaître ce montant cumulatif ou encore mieux se connecter directement à Mon Dossier de l’ARC pour pouvoir avoir accès à ce montant ainsi qu’au calcul de tous les montants des années antérieures pour votre maximum déduction au titre des REER depuis 1991.

Depuis 1990, chaque contribuable a droit de verser dans son REER jusqu’à 18% de son revenu gagné l’année précédente, sans excéder les plafonds annuels de cotisations à un REER prévus dans la Loi de l’impôt sur le revenu . Les personne qui participent à un régime de retraite prévu par leur employeur verront cet espace de contribution être réduit par un facteur d’équivalence (FE) qui doit être obligatoirement déclaré sur leur feuillet T4 ou T4A (case 52).

En gros l’équation pour le maximum déductible pour l’année en cours est donc=

(18% du revenu gagné de l’année précédente)
- (FE pour l’année précédente)

Pour calculer son maximum déductible total, on ajoute à ce montant l’espace fiscal de l’année précédente et on y soustrait les cotisations qui ont été faite à un REER dans l’année précédente.
On peut se référer à Mon Dossier de l’ARC pour pouvoir avoir accès à ce montant mais il est important de faire un suivi sois-même des montants cotisés et retirés puisque les institutions financières communiquent parfois ces informations assez tard, jusqu’à la fin mars, à l’ARC.

On obtient le droit de contribuer à notre CELI à partir de 18 ans. Contrairement au REER, les limites ne sont pas calculés à partir de notre revenu. Les montants des limites non-utilisés sont cumulatifs.

Les limites annuelles sont:
2009 à 2012 = 5 000$
2013 et 2014 = 5 500$
2015 = 10 000$
2016 et 2017 = 5 500$
Ainsi, une personne qui n’a jamais contribué à son CELI et qui avait 18 ans en 2009 a une limite de contribution de 52 000$ en 2017.

Une personne qui a auparavant contribué et ressortie des montants utilisera l’équation suivante pour déterminer son espace de contribution dans l’année en cours (2017 pour cet exemple) =

(Espace total non utilisé au premier janvier de 2016)
- (Contribution effectuée en 2016) + (Retrait effectué en 2016)
+ (Plafond établi par l’ARC pour 2017 = $5 500)

Notre approche REER VS CELI:

Nous avons tout d’abord fait bonne utilisation de nos REER au début de nos carrières dans le but d’acheter notre première habitation grâce au Régime d’accession à la propriété (RAP).

En effet, un aspect intéressant des REER est la possibilité d’utiliser les fonds afin de procéder à l’achat de sa première habitation au travers du RAP. Les fonds retirés au moment de l’achat ne sont pas inclus dans votre revenu imposable et devront ensuite être repayés chaque année sur une période maximale de 15 ans à partir de la deuxième année suivant le retrait des fonds. Donc vous devrez prévoir remettre dans vos REER le 1/15 de ce que vous avez utilisé dans le cadre du RAP à chaque année.

Ensuite, nous avons priorisé nos CELI puisque nous savions que dans les prochaines années notre intention était de rembourser notre hypothèque à partir des fonds que nous avons investis. En utilisant les CELI, lorsque nous avons sorti les fonds, ceux-ci n’ont pas été ajoutés à notre revenu imposable et l’espace de contribution n’est pas perdue. Conséquemment, nous avons ainsi fait croître l’espace de contribution dans nos CELI grâce au gain généré sur les fonds initialement investis.

De plus, une deuxième considération était que nos salaires allaient augmenter grâce à des augmentations prévues donc l’espace que nous n’avons pas utilisée dans nos REER servira à éventuellement réduire notre taux d’imposition.

Maintenant que notre hypothèque est payée, notre stratégie n’est pas tout à fait définie pour les prochaines années en ce qui a trait de prioriser le choix d’investir dans nos REER ou dans nos CELI, du moins d’ici à ce que nous pourrons maximiser nos contributions dans ces deux types de régimes, mais pour l’instant ce n’est pas le cas.

Certaines considérations que nous devons évaluer dans notre situation:

  • Nous avons un régime de pension enregistré offert par notre employeur. Le plan est de sortir le montant auquel nous aurons droit au moment où nous quitterons nos emplois. Ce montant devra être en partie transféré dans un Régime de retraite immobilisé mais dont une grande partie devra nous être versée directement et sera donc assujettie aux impôts. Il pourrait donc être intéressant d’avoir beaucoup d’espace dans nos REER pour pouvoir mettre une grande partie de ce montant à l’abris des impôts.
  • Toutefois, compte tenant que nos salaires augmentent avec différentes promotions prévues dans les prochaines années de travail, notre taux d’imposition risque d’augmenter. Avec un revenu imposable étant élevé cela aura des conséquences négatives sur certains avantages fiscaux comme par exemple un montant plus bas pour l’Allocation canadienne pour enfant, une contribution additionnelle pour garderie subventionné qui est plus élevé, etc. Ce qui fait en sorte que contribuer plus à nos REER pendant nos années de travail peut être plus avantageux que de conserver cet espace pour y mettre une portion du montant de notre pension qui ne pourra pas être à l’abris des impôts.

Voilà pourquoi en début de chaque année, nous ferons nos impôt le plus tôt possible pour pouvoir prendre le temps d’évaluer quel montant il sera plus avantageux d’investir dans nos REER avant la date limite du 1 mars. Nous devons devenir des experts à identifier et connaître les différents paliers d’imposition ainsi que paliers faisant en sorte que certains paiements ou bénéfices fiscaux sont affectés, d’où l’importance de savoir comment faire ses impôts soi-même.

Il faudra donc prévoir avoir de la liquidité en début d’année pour pouvoir contribuer jusqu’à notre maximum déductible dans nos REER. Une stratégie intéressante est, tant qu’il nous reste de l’espace dans nos CELI, nous pouvons y contribuer en début d’année le montant que nous comptons mettre dans nos REER l’année suivante afin de faire croître l’espace CELI grâce aux gains générés. En fin d’année, soit idéalement en décembre, nous pouvons ainsi ressortir le montant pour pouvoir l’avoir sous la main afin de l’investir dans les REER avant le 1er mars. De cette manière, on libère également cet espace de contribution dans les CELI pour l’année suivante et on peut donc répéter la stratégie.

Conclusion:

En conclusion, l’ordre de priorisation des CELI versus REER va changer compte tenant de la situation de chaque personne. Beaucoup de facteurs entre en compte, que se soit l’âge de la personne au moment de la retraite, les circonstances permettant d’accéder à certains avantages fiscaux, les niveaux de salaires ou encore les types d’investissements et les taux d’imposition du rendement de ces investissements, se sont tous des aspects important à considérer lorsqu’on évalue le choix entre ces deux régimes d’épargne enregistrés. Dans le futur j’aimerais bien analyser quelques scénarios fictifs afin de tenter de déterminer l’impact des différentes circonstances sur l’avantage d’investir dans un REER ou dans un CELI.

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